Les tableaux de P. U. se présentent à la fois comme des hommages à une ville particulière, la ville où il vit et travaille, et à la liberté absolue de l'artiste de réorganiser le réel de manière à laisser émerger un espace intérieur, où rythme, humour et fantaisie se conjuguent dans un kaléidoscope coloré.
Par le biais du collage et d'une technique mixte qui s'appuie aussi bien sur la photographie que la peinture, c'est toute l'histoire d'une ville est donnée à voir, mais de façon suggestive et poétique, filtrée par la singularité d'un regard ironique.
A la fois fragments éclatés de la ville réelle, fragments recomposés qui traduisent cette volonté ludique de réordonnancer le monde ;
Ville rêvée, sur laquelle viennent se superposer le souvenir d'autres villes aimées, entrevues, photographiées.
Entremêlement sensuel uniquement subordonné à la logique du désir et du souvenir.
Les collages et la diversité des matériaux utilisés, ficelles, éclats de bois, bouts de toile ou de papier, la réorganisation pulsionnelle de l'espace urbain évoquent l'aspect fragmentaire et inachevé de la perception ; mais font également surgir une temporalité complexe, discontinue, syncopée : l'apparition réitérée des tours jumelles rend compte de la transformation du regard porté sur nos villes.
Doit-on y voir une injonction décalée à ne pas céder à la tentation de l'innocence ?
Univers animiste où les objets dépeints acquièrent une vie propre, se mettent en mouvement, prennent le large : marché couvert métamorphosé en bateau flottant à la dérive, fontaines volantes sillonnant un ciel couleur d'encre, rues éventrée, traversées de flèches renvoyant à une signalétique à la fois quotidienne et mystérieuse.
Eléments familiers directement tirés de la vie ordinaire, qui par le simple fait d'être déplacés, décrochés de leur entourage habituel, acquièrent une qualité où l'humour le dispute à l'étrange.
Compositions hétéroclites, où la matière se mue en énergie pure, dans une résolution musicale et abstraite |